L'accès internet d'une médiathèque coupée pour cause de P2P
Par xavier le lundi, juin 4 2007, 13:18 - Lien permanent
L'info provient du blog Zdnet de Philippe Astor, info reçu par la liste de diffusion des espaces Publics Multimédia:
Le verdict est la.
La SCCP (Société civile des producteurs de phonogrammes) constate par IP la mise à disposition des centaines de fichiers relevant de son répertoire par l'intermédiaire du logiciel P2P Limewire.
Ce qui devait arriver arriva, la SCCP fit appel au FAI (France Telecom) fournissant l'IP du contrevenant, et lui coupa l'accès, comme le contrat l'y oblige.
Là ou le bât blesse, c'est que l'utilisateur en question était une médiathèque.
Et la se profilent les questions.
- Relatives à l'utilisation de logiciels de P2P, et l'usage qui en est fait. Car ces logiciels sont légaux, ils permettent l'échange de fichiers légaux entre utilisateurs, mais sont bel et bien dans le colimateur des éditeurs musicaux et cinématographiques, car sont vecteurs de tous les échanges illégaux. A cela s'ajoute la confusion entretenue entre les logiciels libres, et les logiciels P2P (car une majorité est libre). D'ailleurs, on tenta delégiférer la-dessus...
- Relatives à l'utilisation de ces logiciels en espace multimédia, et comment faire la distinction entre un usage légal et un usage illégal? Quelle attitude à adopter face à l'utilisation des ces logiciels... Les avis sont très partagés, les règles en EPN différentes. En effet, quelle est la possibilité de garder une cohérence face à la loi (téléchargements illégaux interdits, mais P2P autorisé), et de faire la distinction entre les usages? Soit: comment expliquer au public qu'il a le droit d'utiliser emule (si c'était le cas), mais pas de télécharger de contenu illégal, dans un esprit de reflet de la réalité. Comment savoir si mon public télécharge un fichier illégal, alors qu'il a droit au respect de la confidentialité de ses échanges? Et comment savoir, dans certains cas, si les fichiers echangés le sont dans le respect des licences et autorisations?
- Relatives à la connaissance de la loi par le public; en effet, force est de constater que globalement, le public jeune en EPN ignore totalement l'existence des lois en la matière. Souvent j'entends "Mais pourtant c'est sur internet, donc c'est légal.." avec toutes les déclinaisons du genre "... donc c'est gratuit", "c'est interdit t'as vu ça ou?", "tout le monde le fait...", "je le fais à la maison...", etc..
Car quand on vient en EPN et que l'on écoute sa musique dans son baladeur MP3, et bien c'est très facile de mettre une version zippée d'un logiciel P2P, et de faire sa petite cuisine discrètement. Sans forcément à chercher à s'en cacher d'ailleurs. Du moins au début.. Après, l'anim il passe par là... La question est de savoir comment...
- illustration: Zoé est sur un poste de l'EPN. elle télécharge, grace à emule, installé sur le poste, le dernier mp3 (ou OGG) du groupe Funkatown du label Aldente Records, qui diffuse ses titres sous licence Creative Commons by-nc-nd. Elle utilise Emule, logiciel légal installé par l'animateur, et télécharge somme toutes un mp3. Denis est sur le poste à coté. Il télécharge le dernier titre de johnny, artiste engagé, sur son lecteur mp3, par une version dézippée d'emule. Eh bien allez expliquer à Denis qu'il ne peut pas télécharger le mp3 de son artiste, alors que vous ne dites rien à Zoé... Celui-ci ne manquera de vous le faire remarquer, et commencera à bien vous en vouloir...
On se retrouve donc dans pas mal de contradictions... Les question soulevées en EPN sont multiples.
- Education à la loi du public, qui est en pleine méconnaissance. Il en va de même pour le droit à l'image.
- Gestion technique de l'espace: mettre en place des filtres et Interdire l'installation de certains logiciels? et s'affranchir d'un rôle éducatif nécessaire? C'est effectivement une solution, mais une solution de facilité... Cela prend beaucoup de temps à expliquer au public... Et ce temps tous les animateurs ne le prennent ou ne l'ont pas forcément, même si c'est leur rôle..
- Gestion technique de l'espace, filtres et logiciles interdits: Solution de facilité donc, mais alors pourquoi interdire l'utilisation de ces logiciels, alors que seul le contenu échangé caractérise l'aspect légal ou illégal? Bref, on ferme tous les accès, mais on pénalise d'autres utilisations. On punit tout lemonde.
- Mission d'éducation culturelle: il existe une foison culturelle libre sur internet. Elle est de plus en plus valorisée. Je songe notamment à Dogmazic (ex musique-libre), et Jamendo. Citons aussi Magnatune. Sauf que.. les critères de seléction d'un ados sont bien souvent dictés par le groupe, par la masse... T'écoutes pas comme moi, t'es pas comme moi, t'es pas mon copain. Bon j'éxagère un chouille. Mais voila, à chaque fois, mes tentatives d'ouvertures se sont soldées par un échec. Genre "c'est quoi ca c'est nul", "je connais pas c'est nul", ou bien encore "nan moi c'que j'cherche c'est Johnny"... Bref.. c'est à moi de mieux m'y prendre la prochaine fois..





Commentaires
Oui mais Zoé ecoute de la bonne musique ..elle !!
Voui, et en plus, on l'y encourage
A bientot, et merci encore pour la qualité de vos prods!!
:)